Je suis Blessé, Que Dois-Je Faire?

Faire la lumière sur les commotions cérébrales

Écrit par Catherine Phillips
Publié le

Les commotions cérébrales sont le cauchemar des parents et des entraîneurs. Également appelées blessures invisibles, les commotions cérébrales sont causées par un coup à la tête ou au corps qui ébranle le cerveau, entraînant une myriade de signes et de symptômes, comme les maux de tête, les nausées, les étourdissements, les vomissements, la fatigue, des changements cognitifs, une amnésie concernant la blessure, un bourdonnement dans les oreilles et des problèmes de coordination ou d'équilibre.

Malheureusement, cette blessure est très commune; le Centre for Disease Control and Prevention (CDC) estime que de 1,6 à 3,8 millions de commotions cérébrales se produisent chaque année lors d'activités sportives et récréatives. Cependant, comme bien des commotions cérébrales ne sont ni traitées, ni signalées, le véritable chiffre est plus près de cinq millions d'incidents par année.

Les thérapeutes du sport sont informés sur les commotions cérébrales, du moment de la blessure au moment du retour au sport. Ils ont reçu une formation qui leur permet de comprendre les signes et symptômes des commotions cérébrales, le rétablissement clinique ainsi que la progression sur le terrain pour assurer la reprise sécuritaire de l'activité sportive que vous adorez. 

Que vous soyez parent d'enfants actifs, entraîneur ou médecin de famille, il est essentiel de savoir identifier et traiter une commotion cérébrale. Nous avons demandé à Colin King, thérapeute du sport et entraîneur à la Acadia University de Halifax, en Nouvelle-Écosse, ce qu'il faut faire en cas de commotion cérébrale.

À une époque, le repos dans une pièce sombre, sans stimulus, était la seule manière connue de traiter les commotions cérébrales. Bien que le repos soit important dans le traitement d'une commotion cérébrale, c'est loin d'être la seule méthode, dit-il. Les directives les plus récentes indiquent qu'une intervention précoce avec exercice (ou un repos actif) peut être plus efficace. 

« La première étape du traitement d'une commotion cérébrale est de 24 à 48 heures de repos physique et mental complet pour stabiliser les symptômes », explique Colin. Cela signifie un repos cognitif et physique. Colin aime rappeler à ses étudiants que l'écoute de musique et le visionnage excessif d'émissions sur Netflix ont les mêmes effets sur le cerveau que ceux d'un marathon après s'être foulé sur la cheville sur le corps.

Les directives internationales actuelles laissent entendre qu'il est avantageux d'effectuer une activité mentale et physique tôt, à partir de 48 heures après la blessure, même si les symptômes persistent. Ces activités, comme les promenades ou la lecture légère, sont considérées comme des activités à faible risque. Selon Colin, pendant cette étape, il est très important que l'activité que vous effectuez ne déclenche pas de nouveaux signes ou symptômes ou n'augmente pas les signes ou symptômes actuels.

« Nous savons que la grande majorité des commotions cérébrales se résolvent en sept à dix jours, mais cela peut être plus long chez les enfants », ajoute-t-il. La meilleure chose à faire est de se reposer pendant un jour ou deux, de reprendre progressivement ses activités en effectuant des activités à faible risque, puis d'adopter un protocole de retour à l'apprentissage ou au jeu, ce qui signifie qu'on reprend lentement ses activités sportives habituelles. 

Pour les enfants ou les adolescents, le protocole de retour au jeu commence par des activités quotidiennes à la maison qui n'entraînent pas de symptômes chez l'enfant. Cette reprise progressive des activités normales évolue jusqu'à inclure des activités scolaires comme les devoirs hors de la classe. Le but est d'augmenter la tolérance au travail cognitif. Si tout va bien, le protocole conseille de laisser l'enfant retourner à l'école à temps partiel et de le faire peu à peu reprendre son travail scolaire. À mesure que les activités scolaires augmentent, le but est que l'enfant puisse tolérer une journée complète d'activités scolaires et de rattraper le travail qu'il a manqué.

Si vous pensez avoir subi une commotion cérébrale ou qu'une personne que vous connaissez en souffre, la chose la plus importante est de la faire identifier et évaluer. « Lorsqu'une personne subit une commotion cérébrale, il est important qu'une personne qualifiée l'évalue dès que possible », affirme Colin. Un thérapeute du sport peut vous aider à la gérer. De l'évaluation au retour au jeu, un thérapeute du sport peut aider à faire en sorte que le sport soit sécuritaire et amusant.  

Thérapeute du sport
Colin King

PhD, CAT(C)

Colin est professeur adjoint à la School of Kinesiology de la Acadia University, en Nouvelle-Écosse. Il est l'ancien président de la Atlantic Provinces Athletic Therapists Association. Il est actuellement co-thérapeute du sport principal de Acadia Athletics et est l'ancien thérapeute du sport principal de son programme de football universitaire.